Trois acquis, dans cet ordre. Ils ne sont pas négociables : tout le reste de la séance existe pour les faire apparaître.
La chaîne d'évacuation dure huit tours, les routes se coupent au tour 11, la première eau est visible au tour 10. Le participant doit vivre le fait qu'attendre la confirmation, c'est avoir déjà perdu.
Les places d'abri sont finies. Une place prise par quelqu'un qui n'était pas menacé en prive un qui l'était. Le participant doit comprendre que la largeur de l'alerte est une décision, pas un réflexe de prudence.
Un quartier en hauteur peut être isolé parce que son chemin traverse un point bas. C'est le point le plus contre-intuitif, et celui qui se transpose le mieux à un territoire réel.
| Format | Durée | Public | Support |
|---|---|---|---|
| Découverte | 1 h 30 | 3 à 8 personnes, aucun prérequis | partie pédagogique, dix tours commentés, un seul opérateur au clavier |
| Approfondissement | 3 h | groupe déjà initié | deux parties normales de sévérité différente, débriefing comparé |
| Séance longue | 1 journée | service opérationnel | trois épisodes en mode campagne, avec arbitrages budgétaires entre les épisodes |
| Individuel | 45 min | une personne | partie pédagogique en autonomie |
| Rôle | Qui | Fait | Ne fait pas |
|---|---|---|---|
| Animateur | 1 personne | tient le rythme, pose les questions, lit les débriefs à voix haute | ne donne pas son avis sur les décisions en cours |
| Opérateur | 1 participant, tournant | manipule la carte, applique ce que le groupe décide | ne décide pas seul |
| Groupe | 3 à 8 | décide collectivement, à voix haute | ne consulte pas le barème pendant la partie |
| Observateur | facultatif, 1 personne | remplit la grille du §6, ne participe pas | n'intervient jamais |
| Temps | Séquence | Ce que fait l'animateur |
|---|---|---|
| 0–10 min | Briefing | lit le §5 ci-dessous. Ne montre pas la carte. Ne donne aucun chiffre au-delà de ceux du briefing. |
| 10–20 min | Prise en main | ouvre la carte, laisse le groupe explorer les calques. Demande : « où sont les gens ? où est le danger ? est-ce le même endroit ? » |
| 20–60 min | Les dix tours | fait verbaliser avant chaque fin de tour. Lit le débrief à voix haute. Ne commente pas au-delà. |
| 60–85 min | Débriefing | §7. C'est là que la séance se joue. |
| 85–90 min | Transposition | « et chez nous, ce serait quoi ? » — §8. |
« Vous êtes le centre opérationnel d'un district urbain de 380 000 habitants, traversé par un fleuve au nord et coupé en deux par un faisceau ferroviaire. Une averse est annoncée pour les prochaines heures. Sa sévérité est incertaine.
Sur ces 380 000 habitants, 41 800 vivent en rez-de-chaussée, en sous-sol ou en habitat bas. Les autres peuvent monter à l'étage et attendre. Ces 41 800-là doivent partir vers un abri. Vos abris offrent 32 400 places.
Vous disposez de dix patrouilles, de six camions-pompes et de douze stations de mesure. Vous ne voyez de la carte que ce que vos capteurs vous rapportent. Le bulletin météo se précisera au fil des heures.
Un tour vaut dix minutes. Vous en avez dix, qui couvrent cinq heures de crise. »
| Tour | Question | Ce qu'elle travaille |
|---|---|---|
| 1 | « Sur quoi décidez-vous, exactement ? » | faire nommer l'absence d'information |
| 2 | « Le quartier le plus dense est-il le plus en danger ? » | densité ≠ risque |
| 3 | « Ce camion, il pompe à partir de quand ? » | délai de mise en place, coût du repositionnement |
| 4 | « Cette information, elle date de quand ? » | latence du renseignement |
| 5 | « Si vous alertez ce secteur, qui perd sa place ? » | acquis 2, le cœur du barème |
| 6 | « Combien de tours faut-il à ces gens pour arriver ? » | faire calculer la chaîne : 3 + distance |
| 7 | « Qui est coupé, et est-ce là que l'eau est la plus haute ? » | acquis 3 |
| 8 | « Que feriez-vous différemment si vous rejouiez ce tour ? » | amorcer le débriefing |
| 9 | « Qu'est-ce qui aurait dû être décidé au tour 1 ? » | rétrospection |
À remplir par l'observateur, ou par l'animateur juste après la séance. Elle sert au débriefing, pas à noter les gens.
| Point | Ce qu'on note |
|---|---|
| Tour de la première alerte | numéro, et ce qui l'a déclenchée |
| Justification donnée | prévision, topographie, densité, intuition, ou rien |
| Périmètre initial | large, ciblé, ou par tâtonnement |
| Emploi des patrouilles | pour voir, pour accélérer, ou laissées à la base |
| Emploi des camions | posés tôt et laissés, ou déplacés en réaction |
| Réaction à la première coupure | changement de stratégie, ou poursuite |
| Qui parle, qui décide | répartition de la parole, présence d'un décideur de fait |
| Moment de bascule | le tour où le groupe comprend qu'il est en retard — c'est la matière première du débriefing |
Vingt-cinq minutes, dans cet ordre. Ne pas commencer par le score.
Cinq questions à poser au groupe sur son propre territoire. Elles se répondent sur un plan papier et ne demandent aucun outil.
| Piège | Correctif |
|---|---|
| L'animateur souffle la bonne réponse au tour 1 | il ne reste rien à découvrir. Se taire coûte, mais c'est le métier. |
| Le groupe optimise le score au lieu de décider | masquer le bandeau supérieur pendant la partie. |
| Un participant monopolise le clavier | faire tourner le rôle d'opérateur à chaque tour. |
| Le débriefing tourne à l'autocritique | ramener systématiquement à « qu'est-ce qui manquait comme information, et où l'aurait-on trouvée ? » |
| Le groupe prend les chiffres pour des prévisions | rappeler que la planche est une reconstruction plausible. Les structures sont robustes, les valeurs absolues ne sont pas des prévisions pour un territoire réel. |
| Format | Heure | Événement | Chronomètre | Pourquoi |
|---|---|---|---|---|
| Découverte | 3 h ou 14 h | aucun | aucun | on veut que le groupe comprenne la fenêtre d'évacuation sans être submergé |
| Approfondissement | une partie à 3 h, une à 8 h | aucun puis match | aucun | faire éprouver que l'ordre des stratégies s'inverse |
| Séance longue | variée, tirée | tiré | 2 minutes | rythme soutenu sur une journée, sans étouffer la délibération |
| Individuel | libre | libre | 90 secondes | le joueur seul n'a personne avec qui délibérer |